Lost in québécois translation

Cela fait déjà une semaine que je suis arrivée à Montréal, l’heure d’un premier bilan linguistique. Je suis sûre que vous mourrez d’envie de savoir quels mots surprenants j’ai bien pu entendre. Encore faut-il déjà arriver à les décrypter. Les Québécois ont en effet l’habitude de parler extrêmement vite et en mangeant au passage quelques syllabes. Première expérience dans un fast food, bien gentiment le cuisinier me demande ce que je veux mettre dans mon hamburger. Je lui réponds:  » pas de moutarde, mais du ketchup ». Il se tourne alors vers moi en se marrant: « ah pas de dijon, mais de la sauce tomate? ». Eh oui, il faut s’y faire, je suis en minorité linguistique, c’est désormais mon accent et mon vocabulaire qui font rire.


Cette petite discussion culinaire n’était pas bien méchante mais lorsqu’on se retrouve à une soirée, entourée de Québécois pur jus, on se sent alors un peu seule. Il faut vraiment du temps pour faire partie d’une gang (un groupe de potes). Il faut au moins comprendre ce que veut dire un char (une voiture), un chum (un copain), une toune (une chanson), des foufounes (les fesses), un condo (un appartement), une rondelle (un palet de hockey), une gomme (un chewing-gum), crisser le camp (foutre le camp), se paqueter (se soûler), être niaiseux (être stupide) ou encore un clavardage (un chat sur Internet).


Même dans le quotidien, des mots ont un tout autre usage. Le pressing devient la buanderie, le bureau de tabac se nomme tabagie, une épicerie du coin est un dépanneur, faire du shopping se transforme en magasiner et un sandwich baguette s’appelle un sous-marin. Bref, je n’ai pas fini de m’emmêler les pinceaux. Le monde du travail risque de m’offrir aussi quelques perles linguististiques. Il ne me reste plus qu’à trouver un job, pardon « une job » comme on dit ici.

A propos Stéphanie Trouillard

Globe-trotteuse, journaliste, photographe et amoureuse du monde, je mène ma vie à la manière d'Henri Cartier-Bresson. Il n'a pas voyagé, il a juste vécu à l'étranger sans se demander quand il rentrerait. Après un an à Stockholm en Suède, puis deux ans à Tanger au Maroc, mes pas me guident aujourd'hui vers le Québec et Montréal. En photos ou en quelques mots, voici mes impressions et mon regard sur cette ville.
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3 commentaires pour Lost in québécois translation

  1. Adelou dit :

    J’adore !😀

  2. Eva dit :

    Pareil… je travaille avec une quebecoise depuis un moment et ca me fait rire tous les jours🙂 Bonne continuation à Montreal, Steph!

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