Premier concert québécois: Leif Vollebekk et Karkwa

C’est dans un superbe décor que j’ai assisté à ma première prestation rock à Montréal. Le Métropolis est l’une des salles les plus incontournables de la ville. Tour à tour piste de patinage, théâtre, cinéma ou encore discothèque, le lieu est aujourd’hui la scène où il faut se produire. Pour mon entrée culturelle, j’ai de la chance, ce sont deux groupes locaux qui sont au programme dans le cadre du festival Pop Montréal.

Leif Vollebek a l’honneur de chauffer la salle qui pour l’occasion affiche complet. Chemise de bûcheron, barbe de plusieurs jours et guitare en bandoulière, le jeune musicien a tout l’attirail du canadien typique. Mais c’est pourtant dans un autre pays, qu’il a cherché l’inspiration. Alors qu’il étudiait l’islandais et la philosophie à Reykjavik, il en a profité pour écrire les titres de son premier album intitulé Inland. De la folk pure et dure, sans prétention mais qui dégage une certaine magie. Derrière ses arrangements discrets et sa voix aux accents de Jeff Buckley ou de Patrick Watson, Leif maîtrise son art. Une musique chaude et intimiste, des chansons à écouter en hiver au coin de la cheminée.

Mais les stars de la soirée ce sont les membres de Karkwa. Tout juste couronnés par le prix Polaris (la distinction du meilleur album canadien de l’année) pour leur opus Les chemins de verre, les cinq Montréalais sont l’attraction du moment. En français dans le texte, ils distillent du pop/rock efficace. À leur tête, le chanteur Louis-Jean Cormier et son visage de minet qui fait hurler les jeunes filles du premier rang. L’ambiance et la ferveur sont au rendez-vous, mais les paroles un peu désuètes et à l’eau de rose gâchent l’aspect rock de la chose. Moins populaire et plus authentique, la prestation de Leif Vollebek m’a plus séduite que celle de Karkwa.

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A propos Stéphanie Trouillard

Globe-trotteuse, journaliste, photographe et amoureuse du monde, je mène ma vie à la manière d'Henri Cartier-Bresson. Il n'a pas voyagé, il a juste vécu à l'étranger sans se demander quand il rentrerait. Après un an à Stockholm en Suède, puis deux ans à Tanger au Maroc, mes pas me guident aujourd'hui vers le Québec et Montréal. En photos ou en quelques mots, voici mes impressions et mon regard sur cette ville.
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8 commentaires pour Premier concert québécois: Leif Vollebekk et Karkwa

  1. Gabnews dit :

    Stéphanie, Il est dommage que l’influence du snobisme français (ou peut-être tout simplement parisien) qui ne sait pas allier paroles en français et musique rock dans sa perception arrogante de ce que doit être celle-ci et ne peux accepter que l’anglais dont il ne comprend souvent un traitre mot, au point de porter aux nues des chansons bien plus « à l’eau de rose » sans le savoir, mais en anglais, semble vous avoir fait passer à côté de ce qui fait la spécificité et la richesse de Karkwa.

    Je comprend encore un peu plus ici pourquoi les Français reste relativement imperméables au talent des gars parce qu’ils ne rentrent pas dans leurs petites boites « cartesiennes » ; ni chanson française « variétoche », ni rock underground poseur et maudit, ou bien encore ni rap « subversif » de bon aloi.

    Karkwa ne pourrait plaire à beaucoup en France, pourquoi ? parce qu’ils rocke en français, formidable paradoxe !

    Bien sûr les goûts et les couleurs sont difficilement discutables et je comprends que la prestation de Leif Vollebek ai pu vous séduire plus pour des raisons personnelles mais je ne vois pas ce qui vous permet de douter de l’authenticité des gars de Karkwa qui serait moindre que celle de Leif Vollebek. Ah oui bien sûr Karkwa est trop populaire donc forcement moins authentique, moins « in », moins artiste maudit, moins élitiste sans doute.

    Je suis français (mais Lillois c’est moins grave😉 et c’est cette sorte d’élitisme de posture qui m’agace de plus en plus dans un pays bloqué en piteux état moral et intellectuel qui serait bien inspiré de se permettre de produire des choses aussi excitante et qualitative que ce que produit la scène Montréalaise, on en est encore loin.

    Je vous souhaite néanmoins un excellent séjour à Montréal pour que vous ayez le temps de découvrir les richesses et spécificités de la scène locale, de découvrir à quel point Karkwa est proche par exemple d’un Patrick Watson ou d’un Land of Talk, etc.,etc. et de comprendre combien il est important de pouvoir s’y exprimer en français et oui même dans le rock, sans forcement que ce soit de la variété « désuète et à l’eau de rose ». Il faut encore bien méconnaître la production du groupe et les personnalités de ses musiciens pour s’exprimer ainsi.

    A l’heure ou leur victoire au prestigieux prix Polaris est dénigrée par certains anglophones, heureusement pas tous, de mauvaise fois, il est désolant de constater un certain dédain français pour le rock francophone du Québec. Mais n’est-ce pas là simplement qu’une simple répétition de l’Histoire ? « Maudits Français !  »😉

    Vous avez voyagé et rencontré d’autres cultures ce qui devrait vous prémunir de tout ce que je viens d’exprimer, rendez-vous donc au terme de votre séjour pour voir ce que vous en direz.😉

    • Bonjour Gab, merci pour ton commentaire!
      Désolée si ma critique te déçoit, mais c’est juste une question de point de vue. Je suis effectivement plus touchée par les chansons en anglais c’est un fait, mais voilà c’est juste ce que j’ai ressenti hier soir. La prestation de Leif Vollebek m’a paru plus sincère que Karkwa qui a mon goût se répétait un peu dans le style de ses titres. Mais comme je l’ai dit ce n’est qu’une histoire de goût et loin de moi l’idée de cracher sur un groupe! J’espère que tu le comprends. Mais je ne suis pas hermétique à la chanson française, j’aime beaucoup -M-, Dolly en son temps, Noir Désir, Bashung et l’utilisation du français parfois par Arcade Fire.

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