Comment j’ai dîné avec Michelle Bachelet

D’accord, je l’avoue, je n’ai pas exactement mangé à la même table que l’ancienne Présidente de la République du Chili. Mais j’ai quand même passé la soirée à seulement quelques chaises de Michelle Bachelet. Grâce à François Bugingo, le responsable de la section canadienne de Reporters sans frontières, j’ai en effet été invité à la remise du Prix International du Courage au Féminin. L’année dernière, c’est Ingrid Betancourt qui avait reçu cet hommage. En 2010, c’est encore une fois une personnalité d’Amérique du Sud qui est récompensée en la personne de l’ex chef d’État chilienne.

Il suffit de parcourir la biographie de Michelle Bachelet pour se rendre compte que sa vie a été une succession de combats. Fille d’un général assassiné par le régime Pinochet, elle est emprisonnée à l’âge de 24 ans et subit la torture. Une fois libérée, elle part en exil en Australie puis en Allemagne de l’Est. Ce n’est qu’en 1979, qu’elle rentre dans son pays et lutte clandestinement pour le rétablissement des droits de l’homme au Chili. Son action devient alors politique, elle est tour à tour nommée ministre de la Santé puis ministre de la Défense avant de remporter en 2006 l’élection présidentielle. À la fin de son mandat en 2010, elle prend la tête de l’ONU Femmes, une entité des Nations Unies qui vise à promouvoir l’égalité des sexes et à favoriser l’autonomisation des femmes.

Dans son discours devant plusieurs personnalités politiques canadiennes dont Lawrence Cannon, le ministre des Affaires étrangères, Michelle Bachelet a bien entendu rappeler son attachement à la cause féminine. Mais elle en a aussi profité pour envoyer un message aux 33 mineurs chiliens qui sont bloqués sous terre depuis le début du mois d’août. Pour elle, cette épreuve montre la force et le courage des hommes et des femmes de son pays.

Mais les paroles les plus émouvantes de la soirée n’ont pas été prononcées par l’invité d’honneur, mais par un homme, Claude Gilles, le directeur du centre opérationnel des médias de Port-au-Prince à Haïti. Avec une grande dignité et beaucoup de retenue, ce journaliste a raconté les premiers instants après le séisme qui a ravagé son île. La mort de ses amis, les recherches, la survie qui s’organise et puis très vite l’idée de continuer à travailler et à transmettre les informations. Avec l’aide de RSF, il a mis en place un centre de presse et permis aux médias haïtiens d’exister de nouveau.

A propos Stéphanie Trouillard

Globe-trotteuse, journaliste, photographe et amoureuse du monde, je mène ma vie à la manière d'Henri Cartier-Bresson. Il n'a pas voyagé, il a juste vécu à l'étranger sans se demander quand il rentrerait. Après un an à Stockholm en Suède, puis deux ans à Tanger au Maroc, mes pas me guident aujourd'hui vers le Québec et Montréal. En photos ou en quelques mots, voici mes impressions et mon regard sur cette ville.
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