Incendies: le film qui met le feu à la morale

Du cinéma québécois, je connais finalement très peu de choses. Des comédies pour la plupart, comme La grande séduction et ses pétillants pêcheurs de Sainte-Marie-La-Mauderne ou Crazy et ses personnages rock’n’roll à pattes d’eph. Mais aussi quelques longs métrages plus intellectuels à la manière du Déclin de l’empire américain et de sa suite Les Invasions barbares. Des instantanés de la Belle Province qui m’ont faire rire et réfléchir mais qui ne m’ont pas marqué autant qu’Incendies, la dernière réalisation de Denis Villeneuve. Puissant, bouleversant, politiquement incorrect, ce film est la sensation de cet automne au Québec. Sacré meilleur film canadien aux festivals de Toronto et d’Halifax, il a été choisi pour représenter le pays dans la course des nominations aux prochains Oscars.

Nul ne ressort indemne de la projection d’Incendies. Un long métrage intense et dur qui explore les ravages des conflits au Proche-Orient. Même si aucune nation n’est citée, tout laisse à penser que cette tragédie moderne se déroule durant la guerre du Liban (1975-1990). Mais tout commence à notre époque, à des milliers de kilomètres de là, dans la banlieue de Montréal où deux jumeaux reçoivent à la lecture du testament de leur mère, deux mystérieuses enveloppes. Une destinée à leur père qu’ils pensaient mort et l’autre à leur frère dont ils ignoraient l’existence. Devenus messagers, ils se lancent alors dans les traces du passé de leur mère. Une quête de vérité mais aussi d’identité qui va les mener loin de chez eux et au plus bas de la morale humaine. Religion, amour, famille, résistance, Denis Villeneuve aborde tout, sans tabou mais sans aucune vulgarité ni surenchère dans l’émotion. Côté acteur, la palme revient à la surprenante Lunbna Azabal, la mère des jumeaux, qui avec justesse déroule le fil dramatique de sa vie.

Un film québécois à ne pas manquer. Pas d’excuses, il sort le 12 janvier 2011 en France.

A propos Stéphanie Trouillard

Globe-trotteuse, journaliste, photographe et amoureuse du monde, je mène ma vie à la manière d'Henri Cartier-Bresson. Il n'a pas voyagé, il a juste vécu à l'étranger sans se demander quand il rentrerait. Après un an à Stockholm en Suède, puis deux ans à Tanger au Maroc, mes pas me guident aujourd'hui vers le Québec et Montréal. En photos ou en quelques mots, voici mes impressions et mon regard sur cette ville.
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