Biutiful ou la vie qui n’est pas toujours si belle

Il y a des films qui vous marquent à jamais. Pendant 1H30 environ, vous ne quittez pas l’écran des yeux et ces images s’installent pour toujours dans un coin de votre tête. 21 Grammes et Babel font partie de ces long-métrages que je porte à vie. Deux œuvres réalisées par un même homme, le mexicain, Alejandro González Iñárritu. Un réalisateur qui maîtrise le drame avec une finesse rare et sans jamais tomber dans la larme facile. Comme un orfèvre des émotions, il dessine des personnages ordinaires mais au destin complexe et tragique. Chacun de ses nouveaux films est comme une sucrerie que l’on attend depuis longtemps, un petit plaisir qui nous fait du bien et du mal en même temps. Par chance, Biutiful, sa dernière réalisation a été présentée en avant-première au Festival du Nouveau Cinéma qui se déroule jusqu’au 24 octobre à Montréal. Une projection unique et qui a fait salle comble.

Pour tisser sa toile dramatique, le cinéaste a choisi cette fois-ci comme acteur principal, l’espagnol Javier Bardem. Son personnage, Uxbal, père de deux enfants, tente de survivre dans les bas-fonds de Barcelone. Aimant et dévoué, sensible à l’extrême, il apprend qu’il est atteint d’un cancer. La caméra suit les dernières semaines de cet homme qui veut faire table rase de ses mauvaises actions avant de mourir. Problème, entre son ex-femme schizophrène et les sans-papiers africains et chinois qu’il fait travailler, la tâche est compliquée. La ville catalane joue elle aussi un rôle à part entière. Sans le vernis de la carte postale touristique, Barcelone montre un visage sombre et sordide. Les images sont même parfois insoutenables. C’est dans ce décor où la mort rôde que Javier Bardem cherche la rédemption. Une composition dure, au naturel et dépouillée bien loin de son image de sex-symbol. Un pari risqué mais largement relevé. L’acteur n’a pas volé son prix d’interprétation masculine à Cannes. Encore un film qui ne va plus me quitter…

A propos Stéphanie Trouillard

Globe-trotteuse, journaliste, photographe et amoureuse du monde, je mène ma vie à la manière d'Henri Cartier-Bresson. Il n'a pas voyagé, il a juste vécu à l'étranger sans se demander quand il rentrerait. Après un an à Stockholm en Suède, puis deux ans à Tanger au Maroc, mes pas me guident aujourd'hui vers le Québec et Montréal. En photos ou en quelques mots, voici mes impressions et mon regard sur cette ville.
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