Halloween ou l’héritage celte

À la fin des années 90, en France, d’étranges objets ont fait leur apparition dans les rangées des supermarchés. Vers la fin du mois d’octobre, les vitrines ont commencé à être peuplées par des citrouilles en plastiques, des déguisements de squelettes et de sorcières ou encore des paquets de bonbons géants. Sentant le filon commercial, de nombreuses marques ont ainsi décidé d’importer la fête d’Halloween dans l’hexagone. Une belle idée financière mais qui n’aura finalement pas duré. Les  » Trick or Treat ! » ou « des bonbons ou un mauvais sort ! » ont résonné l’espace de deux ou trois automnes puis la mode s’est peu à peu essoufflée… Fête païenne, opération marketing ou coup médiatique, de nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer une américanisation de notre culture. Pourtant, cette tradition est bien originaire d’Europe.

Halloween est en effet une fête qui a une lointaine origine celtique. Avant l’ère chrétienne, les populations celtes qui peuplaient l’Irlande, la Grande-Bretagne, le nord et l’ouest de la Gaule, célébraient le Samain ou Sahmain à la fin du mois d’octobre. Un événement pour signifier le début de la saison « sombre », la fin de l’été et le commencement d’une nouvelle année. Déguisements effrayants et vivres à profusion marquaient alors des festivités débutant à la nuit tombée, les premiers ayant pour but de passer auprès des morts pour l’un des leurs, les seconds visant à s’attirer leurs bonnes grâces et à les dissuader de saccager les récoltes. Ce cérémonial permettait de s’assurer d’une bonne année à venir.

Cette fête a été ensuite christianisée par des moines irlandais au Moyen-âge. Son nom actuel est ainsi une altération de All Hallows Eve, qui signifie littéralement « le soir de tous les saints », c’est-à-dire la veille de la fête chrétienne de la Toussaint, le 1er novembre. Puis, cette tradition a été transportée en Amérique du Nord au XIXe siècle par les Irlandais, les Écossais et autres immigrants. Comme aux Etats-Unis, le Canada célèbre donc Halloween dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre. Plusieurs semaines à l’avance, les façades des maisons sont tapissées de toiles d’araignées et des citrouilles géantes trônent sur les balcons. Le soir venu, les enfants se dissimulent sous des costumes de toutes sortes, amusants ou effrayants, et envahissent les rues pour frapper à chaque porte et demander des friandises. Les foyers qui participent à la fête ornent le pas de leur porte d’une citrouille illuminée ou branchent simplement les décorations pour indiquer que les enfants y sont les bienvenus.

Les adultes sont aussi de la partie avec de très nombreuses soirées costumées organisées un peu partout en ville. Durant toute la semaine qui précède le 31 octobre, il n’est pas rare de croiser dans le métro des sosies de Jack l’éventreur, des bouchers ensanglantés, des pirates alcoolisés ou des infirmières délurées. À mon tour de me prêter au jeu dès ce soir avec ma première célébration déguisée d’Halloween. Histoire peut-être de renouer avec mes racines celtiques.

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A propos Stéphanie Trouillard

Globe-trotteuse, journaliste, photographe et amoureuse du monde, je mène ma vie à la manière d'Henri Cartier-Bresson. Il n'a pas voyagé, il a juste vécu à l'étranger sans se demander quand il rentrerait. Après un an à Stockholm en Suède, puis deux ans à Tanger au Maroc, mes pas me guident aujourd'hui vers le Québec et Montréal. En photos ou en quelques mots, voici mes impressions et mon regard sur cette ville.
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