Djmawi Africa: un voyage musical au Maghreb

Avant de vivre pendant deux ans au Maroc, je ne connaissais pas grand chose de cette culture. Quelques clichés sur les coutumes locales, quelques gâteaux aux amandes dégustés dans un salon de thé, quelques chanteurs populaires entendus à la radio, quelques brochures touristiques sur la magique place Jemâa el-Fna de Marrakech et c’est à peu près tout. Mais une fois que vous posez le pied dans ce royaume, le pays vous prend tout entier. Les senteurs d’épices qui flottent dans l’air depuis le marché, les prières du muezzin de la mosquée voisine, les klaxons intempestifs des taxis, les couleurs des kaftans exposés dans les vitrines ou les applaudissements dans les cafés les soirs de match de foot, vos sens enregistrent tout. La plupart du temps, ce grand « n’importe quoi ambiant » agace, déconcerte, irrite et même fatigue. Mais sans m’en rendre compte, le Maroc s’est en quelque sorte imprimé en moi. Cela fait deux mois maintenant que j’ai quitté Tanger, et la ville du Détroit est toujours dans mes pensées.

Pas question alors, de manquer le Festival du Monde Arabe de Montréal, histoire de me transporter l’espace de quelques heures en terrain connu. Pour la soirée d’ouverture de cette 11ème édition, c’est un groupe algérien qui a été invité. Les Djmawi Africa sont un collectif de neuf musiciens et connaissent depuis quelques années un certain succès dans leur pays. Bien loin du raï ou du chaabi traditionnel, ces artistes ont choisi le chemin de la fusion en mélangeant toutes sortes de rythmes. Gnaoua, rock, reggae ou encore sonorités africaines, ils explorent toutes les facettes de leur continent. Sur scène, les instruments défilent et se croisent sans frontières musicales: le guembri gnaoui fait place au n’goni d’Afrique de l’Ouest, le violon est remplacé par une guitare électrique et le bendir, le tambour marocain, s’associe avec une batterie moderne.

En cette froide soirée d’octobre, la température ne cesse de monter à l’Astral. Montréal me semble bien loin et me voilà de nouveau à Essaouira, en plein Festival Gnaoua. Les Djmawi Africa débordent d’énergie et enflamment la salle bien plus souvent habituée à des concerts jazz plus intimistes. Djamil Ghouli, le chanteur de la formation, est infatigable. Il invite même les spectateurs, des Québécois, des Français et bien sûr des Algériens présents en grand nombre, à venir sur scène à ses côtés. Une grande danse générale et improvisée qui lance le festival en beauté.

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A propos Stéphanie Trouillard

Globe-trotteuse, journaliste, photographe et amoureuse du monde, je mène ma vie à la manière d'Henri Cartier-Bresson. Il n'a pas voyagé, il a juste vécu à l'étranger sans se demander quand il rentrerait. Après un an à Stockholm en Suède, puis deux ans à Tanger au Maroc, mes pas me guident aujourd'hui vers le Québec et Montréal. En photos ou en quelques mots, voici mes impressions et mon regard sur cette ville.
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