Lourdes: la miraculeuse Sylvie Testud


Nouvelle semaine et nouveau festival de cinéma à Montréal. Les Québécois aiment le 7ème art et cela se ressent. Cette fois-ci, c’est Cinémania qui tient l’affiche, un événement qui donne accès en primeur au public montréalais à des films francophones. Copacabana avec Isabelle Huppert, Crime d’Amour avec Ludivine Sagnier ou encore Partir avec Kristin Scott Thomas, ont été présentés cette année aux festivaliers. Mais Cinémania propose aussi quelques longs métrages plus inédits, comme Lourdes, qui n’est pas encore sorti en France.

Dès les premières secondes de cette troisième réalisation de l’Autrichienne, Jessica Hausner (Lovely Rita, Hotel), le spectateur est plongé dans l’univers si particulier de la cité mariale. Une immersion dans un groupe de pèlerins accompagnés par des bénévoles de l’Ordre de Malte. Parmi eux, Christine, une trentenaire paralysée jusqu’au cou par une sclérose en plaques et interprétée par Sylvie Testud. L’actrice française est une habituée des rôles caméléons. Employée de maison inquiétante et sanguinaire dans Les Blessures assassines, traductrice perdue au Japon dans Stupeur et Tremblements ou encore sosie parfaite de l’auteur de Bonjour Tristesse dans Sagan, elle peut tout jouer et nous le prouve encore une fois dans ce nouveau rôle. Totalement dépendante des autres, la jeune femme est venue passer quelques jours à Lourdes car c’est l’un des seuls endroits où selon elle les handicapés ont le droit à toutes les attentions.

Très cynique, ce film nous montre les travers d’une ville où se mêle espoir d’une guérison et réalité commerciale bien glauque. Dans un espace froid et sans âme, les pèlerins essayent de comprendre comment Dieu choisit d’offrir tel ou tel miracle. Et un matin, c’est finalement Christine qui se lève et marche de nouveau. Est-elle véritablement guérie ou juste en rémission? La surprise laisse place à la joie puis aux jalousies. Dans ce petit groupe de croyants, la vraie ou fausse charité se dessine. Non sans un certain humour, la réalisatrice se permet même quelques écarts spirituels avec notamment l’élection du meilleur miraculé. Sans entrer dans la critique totale et le blasphème, le film lance quelques pics à cette dévotion hypocrite. Y croire à tout prix ou perdre tout espoir?

Sortie en France: 27 juillet 2011.

A propos Stéphanie Trouillard

Globe-trotteuse, journaliste, photographe et amoureuse du monde, je mène ma vie à la manière d'Henri Cartier-Bresson. Il n'a pas voyagé, il a juste vécu à l'étranger sans se demander quand il rentrerait. Après un an à Stockholm en Suède, puis deux ans à Tanger au Maroc, mes pas me guident aujourd'hui vers le Québec et Montréal. En photos ou en quelques mots, voici mes impressions et mon regard sur cette ville.
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