Téhéran sans autorisation: la capitale iranienne sous l’objectif d’un téléphone

Née en Iran, la réalisatrice, Sepideh Farsi, habite depuis les années 80 en France. Arrivée à tout juste 19 ans, elle n’a jamais oublié son pays et depuis son travail cinématographique porte l’empreinte de ses racines. Pour son dernier documentaire, elle s’est ainsi rendue à Téhéran au printemps 2008 pour prendre le pouls de la capitale iranienne. Présenté aux Rencontres Internationales du Documentaire de Montréal, Téhéran sans autorisation est une plongée dans l’univers bouillonnant de la mégalopole perse.

Tourné seulement à l’aide d’un téléphone portable, pour des raisons évidentes de discrétion, ce film cherche à aller au plus près de la population. Dans un taxi, sur une moto ou dans la rue, la réalisatrice donne la parole à tous ces personnages qui peuplent Téhéran. L’esthéticienne qui en a marre de cacher son maquillage, l’étudiant qui ne comprend pas pourquoi les filles sont si frivoles, le chauffeur qui malgré des études n’arrive pas à trouver de travail ou encore le comédien raté qui n’aime pas le nouveau cinéma. Des portraits sans aucun lien mais qui tissent la toile de fond du futur soulèvement populaire. Un an avant le scrutin présidentiel, le mécontentement gronde et s’amplifie déjà un peu plus chaque jour.

Déroutant par la piètre qualité de ces images, téléphone portable au poing, ce documentaire pêche parfois par le manque d’explications. Des lieux, des livres, des affiches et des personnes défilent sur l’écran sans que le spectateur en comprenne vraiment le sens. Les séquences très courtes s’enchaînent également trop vite et finissent par donner le tournis. Mais, Sepideh Farsi a le mérite de nous livrer un témoignage sur une ville au cœur de l’actualité et pourtant si méconnue. Clandestinement, elle nous montre que les jeunes iraniens ont les mêmes préoccupations que dans le reste du monde. Amour, alcool, fête et décadence se jouent en coulisse à l’abri des regards des membres de la police des mœurs. Sous les tchadors et malgré la répression, Téhéran vibre et brûle plus que jamais.

A propos Stéphanie Trouillard

Globe-trotteuse, journaliste, photographe et amoureuse du monde, je mène ma vie à la manière d'Henri Cartier-Bresson. Il n'a pas voyagé, il a juste vécu à l'étranger sans se demander quand il rentrerait. Après un an à Stockholm en Suède, puis deux ans à Tanger au Maroc, mes pas me guident aujourd'hui vers le Québec et Montréal. En photos ou en quelques mots, voici mes impressions et mon regard sur cette ville.
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