M pour Montréal: 1ère soirée de découverte musicale

Depuis quelques années, le Québec est devenu un lieu incontournable sur la carte musicale mondiale. Un succès qui est en partie du à un festival: M pour Montréal. Lancé, il y a cinq ans, ce rendez-vous vise à promouvoir la scène locale. Il a déjà permis de propulser à l’étranger, les carrières de Patrick Watson, Martha Wainwright, Champion, Malajube, Cœur de pirate, Pierre Lapointe et Beast. Pour cette nouvelle édition, plus de 115 délégués de 12 pays ont été invités. Parmi eux, des journalistes des Inrocks, du NME, de CMJ.com mais aussi des programmateurs des Vieilles Charrues, de Sziget, de Glastonbury ou encore de Iceland Airwaves. Chaque jour, ces dénicheurs de talent ont le choix entre plusieurs concerts. Des rendez-vous intimistes avec des artistes de la région.

Pour la première soirée de spectacles qui se déroule au Cabaret Juste Pour Rire, c’est Elephant Stone qui a la dure tâche d’ouvrir le bal. Le quintet a déjà un beau parcours derrière lui, son premier album, intitulé The Sevens Seas, a été choisi par le Polaris Prize dans sa présélection de l’année 2009. Il faut dire, que cette formation propose un style original: de l’hindi rock. À sa tête, Rishi Dhir maitrise aussi bien la guitare que le sitar. Puisant ses influences dans la période indienne des Beatles, Elephant Stone déroule une musique aux accents orientaux et apaisants.

Marco Calliari a lui aussi choisi retourner à ses racines. Après un début de carrière, dans un groupe de trash métal, le Montréalais est revenu à ses origines italiennes. Showman incroyable, il nous emmène avec sa troupe du côté de Florence et de Milan. Un mélange de sonorités folkloriques et jazz qui se veut avant tout festif. Le chanteur donne tout et réussit même à faire bouger timidement les journalistes présents dans la salle.

Changement de registre avec la folk très intimiste de Jason Bajada. Une gueule d’ange, une guitare en bandoulière et des chansons romantiques. La recette est malheureusement déjà éprouvée. Le songwriter a beau être talentueux, il n’apporte rien de nouveau. Moins conventionnel et peut-être plus torturé, son compatriote, Leif Vollebekk, mérite plus d’attention.

Trois groupes ont déjà défilé sur la scène, mais pas encore de grosse claque. Heureusement, le duo de l’Ontario, PS I Love You a prévu de réveiller tout ce petit monde. Lunette de grand-père, cheveux gras et chaussures défoncées, le chanteur Paul Saulnier a tout l’attirail pour devenir la prochaine coqueluche des geeks. En plus d’avoir un look imparable, le bonhomme est aussi un rockeur hors-pair. Armé de sa guitare et accompagné du batteur, Benjamin Nelson, il produit un noise-pop intense et je m’en foutiste. Du rock sautillant et frénétique qui a de grandes chances de déferler sur le monde.

Avec leur noise-punk, les Black Feelings ont eux aussi été les grandes révélations de cette soirée. Derrière ses fûts, le batteur et chanteur, Owain Lawson, déroule un set étonnant. Sans jamais reprendre son souffle, il frappe son instrument avec une énergie de tous les diables. Des sons distordus et une ambiance d’outre-tombe. Comme possédé, le groupe s’enfonce habilement dans les noirceurs du psychédélisme.

Juste avant l’arrivée d’AIDS Wolf, l’animateur de la soirée tient à nous prévenir: « éteignez vos pacemakers, il pourrait y avoir des morts ». Le ton est donné et ce message de prévention n’est pas très loin de la vérité. Son micro enfoncé de la bouche, la chanteuse, Chloe Lum, hurle à la mort comme si elle avait mangé du chien enragé. Décadente et complètement hallucinée, elle se lance dans son show comme si sa vie en dépendait. Une musique bruitiste et inaudible capable de réveiller n’importe quel zombie. AIDS Wolf se situe entre les frontières du rock et de l’art visuel. On ne sait plus très bien si on assiste encore à un concert ou à une performance artistique. Mes tympans s’en souviendront en tout cas très longtemps.

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A propos Stéphanie Trouillard

Globe-trotteuse, journaliste, photographe et amoureuse du monde, je mène ma vie à la manière d'Henri Cartier-Bresson. Il n'a pas voyagé, il a juste vécu à l'étranger sans se demander quand il rentrerait. Après un an à Stockholm en Suède, puis deux ans à Tanger au Maroc, mes pas me guident aujourd'hui vers le Québec et Montréal. En photos ou en quelques mots, voici mes impressions et mon regard sur cette ville.
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