Elisapie Isaac: l’ange musical venu du Grand Nord

Difficile de se frayer un chemin jusqu’à la scène dans le Cabaret du Mile End. La salle est pleine à craquer et nombreux sont ceux qui attendent dehors dans le froid dans l’espoir de récupérer une dernière petite place. Les Montréalais ont inscrit en rouge la date du 1er décembre pour ne pas manquer la présentation du dernier spectacle d’Elisapie Isaac. Avec seulement un album solo à son actif (There Will Be Stars), la chanteuse originaire du Nunavik est devenue un véritable phénomène. Née d’une mère inuk et d’un père originaire de Terre-Neuve, l’artiste nous propose bien plus qu’une simple démonstration musicale, elle nous invite pour quelques heures dans le Grand Nord.

C’est accompagnée par une autre artiste inuit, qu’Elisapie débute son concert. Un chant de gorge réalisé en compagnie de Taqralik Partridge. Un surprenant duo qui nous entraîne déjà vers les immensités glacées de la toundra. Des aurores boréales dans le ciel, de la neige sous nos pieds, l’illusion est presque parfaite. La jeune femme est fière de sa communauté mais elle puise également dans la musique folk occidentale. Elisapie chante aussi bien dans son dialecte maternel, l’inuktitut, qu’en français ou en anglais.

Entre ses morceaux, elle s’amuse d’ailleurs à jongler entre toutes ces langues pour s’adresser aux spectateurs. Comme si nous étions de nouveaux amis, la Belle au regard si intense, nous raconte son enfance dans son petit village de Salluit. Sa relation avec son père biologique, « un blanc », et avec son père adoptif, « un vrai inuit ». Son amour pour Leonard Cohen dont elle aurait aimé être la Suzanne et à qui elle aurait voulu que sa mère confectionne un manteau ou que son oncle lui construise un igloo. Elisapie aime en effet les grands classiques et s’essaye même à reprendre Blowin in the Wind de Bob Dylan. Femme caméléon, elle passe ensuite à la ballade romantique, Moi Elsie, écrite spécialement pour elle par Pierre Lapointe et Richard Desjardins. Dans sa robe blanche et avec son émotion à fleur de peau, elle nous offre un pur moment de grâce.

Même si le public n’arrive plus à la quitter des yeux, Elisapie aime aussi laisser la place à ses invités. Son nouveau spectacle est aussi l’occasion de mettre en avant d’autres artistes du Nord. Samian, un rappeur métis d’Abitibi-Témiscaminque, monte sur scène pour raconter la triste réalité dans les réserves. Sans mâcher ses mots et avec quelques paroles en algonquin, il a choisi de se battre pour les siens. Slam, hip-hop, rock, et même disco, tout se mêle dans la grande famille d’Elisapie. Sans aucunes frontières musicales, la chanteuse explore ses racines et celles des autres. Un exemple de tolérance et un passeport vers d’autres cultures.

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A propos Stéphanie Trouillard

Globe-trotteuse, journaliste, photographe et amoureuse du monde, je mène ma vie à la manière d'Henri Cartier-Bresson. Il n'a pas voyagé, il a juste vécu à l'étranger sans se demander quand il rentrerait. Après un an à Stockholm en Suède, puis deux ans à Tanger au Maroc, mes pas me guident aujourd'hui vers le Québec et Montréal. En photos ou en quelques mots, voici mes impressions et mon regard sur cette ville.
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