Gaz de schiste: Wo! ou l’inquiétude des artistes québécois

Depuis que je suis arrivée au Québec, j’ai assisté à la vertigineuse chute de popularité du Premier ministre. Au plus bas dans les sondages, Jean Charest est parmi tous les Premiers ministres provinciaux du Canada, le moins aimé par ses concitoyens. Selon une récente enquête publiée par le journal La Presse, 81 % des Québécois font peu ou pas du tout confiance au chef du gouvernement libéral. La raison? Une multitude de scandales qui l’ont touché de près ou de loin. La population lui reproche tout d’abord son inaction à la suite des révélations sur les liens entre la mafia et le milieu de la construction. L’opposition réclame une enquête publique mais Jean Charest la refuse, au motif que c’est à la police de faire la lumière sur ces allégations.

Autre terrain glissant pour le politicien, l’environnement avec l’affaire des gaz de schiste. Le gouvernement québécois souhaite développer ce gaz naturel un peu particulier et a autorisé des travaux d’exploration. Emprisonnée dans une roche appelée schiste et très présente sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent, cette ressource permettrait, selon les autorités, de baisser la facture énergétique, de créer une autosuffisance en gaz naturel pour le Québec et enfin d’établir des milliers d’emplois dans la région. Mais ces bienfaits économiques ont été vite balayés par des inquiétudes écologiques. Les défenseurs de l’environnement pointent du doigt les dérangements pour la population causés par l’activité industrielle, les risques pour l’eau, allant de la contamination des eaux souterraines au traitement des eaux usées et l’aggravation du réchauffement climatique.

Des conséquences négatives qu’ont déjà subies les habitants de Dimock dans le comté de Susquehama, en Pennsylvanie, aux États-Unis. À la suite du forage d’un puits par des compagnies à la recherche de gaz de schiste, l’eau de ce village est devenue insalubre car du méthane s’est mélangé à l’eau des puits artésiens. Une contamination qui a même provoqué une explosion chez une résidente. Face à ce précédent dramatique, des Québécois se mobilisent pour connaître les véritables dangers de l’exploitation de cette ressource naturelle. À la tête de ce mouvement, des artistes qui ont lancé sur internet une vidéo pour exiger un moratoire sur le gaz de schiste. À tour de rôle, des comédiens et des chanteurs comme Fred Pellerin, Roy Dupuis, Anne Dorval, Laurence Leboeuf, Biz et Mes Aïeux, défilent devant la caméra et lancent aux autorités un avertissement: « Hey, wo ! »

A propos Stéphanie Trouillard

Globe-trotteuse, journaliste, photographe et amoureuse du monde, je mène ma vie à la manière d'Henri Cartier-Bresson. Il n'a pas voyagé, il a juste vécu à l'étranger sans se demander quand il rentrerait. Après un an à Stockholm en Suède, puis deux ans à Tanger au Maroc, mes pas me guident aujourd'hui vers le Québec et Montréal. En photos ou en quelques mots, voici mes impressions et mon regard sur cette ville.
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Un commentaire pour Gaz de schiste: Wo! ou l’inquiétude des artistes québécois

  1. JF Gaudreau dit :

    Merci Stéphanie pour ton article. J’espère qu’il fera le tour du monde! On a besoin de faire connaitre ce fléau qui risque de détruire notre eau, notre richesse no.1

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