New York: Ellis Island

Plus de cent millions d’Américains peuvent faire valoir que leurs ancêtres sont passés par Ellis Island. « Il y a eu probablement autant de raisons de venir en Amérique », écrivit le Président John F. Kennedy dans son livre A Nation of Immigrants, « qu’il y a eu d’individus qui sont venus ». Les persécutions religieuses, les troubles civils, le chômage, les liens familiaux, l’attrait de l’aventure, voici les éléments qui ont servi de toile de fond à la plus grande migration de l’histoire moderne, lorsqu’un flot incessant d’hommes et de femmes, le plus souvent d’origine européenne, est venu aux États-Unis. De 1892 à 1954, plus de 12 000 personnes ont transité chaque jour par l’immense bâtiment qui servait de poste d’immigration. En tout, ce sont plus de 12 millions d’immigrés qui ont franchi ces portes.

Des ferries transportaient les passagers depuis le pont des bateaux à vapeur venus d’Europe. Avant de débarquer, ils pouvaient apercevoir la statue de la Liberté située sur l’île voisine de Liberty Island. Alors qu’ils pénétraient dans l’édifice et qu’ils grimpaient l’escalier, les immigrés faisaient l’objet d’une surveillance étroite de la part des médecins: une claudication, une respiration difficile, ou un air un peu dément justifiaient des examens médicaux plus poussés. Dans la salle de l’état civil, des inspecteurs interrogeaient chaque personne. Parmi les 29 questions qui étaient posées figuraient le nom, la ville natale, la profession, la destination et la somme d’argent dont étaient munis les arrivants.

Contrairement au mythe, les formalités d’entrée duraient moins de huit heures pour la plupart des immigrants. Ceux qui avaient obtenu une autorisation descendaient ensuite à l’étage inférieur, changeaient des devises, achetaient des vivres, voire des billets de train. Un tiers se fixait à New York, tandis que les autres partaient vers d’autres destinations. Seuls 1 à 2% se sont vus refuser l’entrée du territoire. Les dernières années, après la Seconde Guerre mondiale et pendant la vague de paranoïa liée au « péril rouge », le poste d’immigration se transforma en centre de détention pour les nouveaux arrivants considérés comme ennemis des États-Unis. Le dernier immigrant, employé de la marine marchande norvégienne, fut admis en 1954. À la suite de la fermeture définitive d’Ellis Island, on assista à une détérioration progressive des bâtiments jusqu’à ce que des travaux de restauration soient entrepris dans les années 1980. De nos jours, l’endroit est devenu un musée qui retrace le parcours de ceux qui ont rejoints une nouvelle nation.

Il est possible d’écouter le témoignage émouvants de véritables immigrants d’Ellis Island et de chercher sur le site officiel si une personne qui porte votre nom a débarqué sur l’île. Par curiosité, j’ai consulté ces données et à ma grande surprise, deux migrants appelés Trouillard ont bien transité par le centre d’immigration. Je ne sais pas s’ils sont apparentés à ma famille, mais Auguste Trouillard, un Parisien de 47 ans est arrivé en 1900, sur le bateau La Lorraine en provenance du Havre et Ernest Trouillard âgé de 40 ans a débarqué en 1919 sur le bateau Niagara depuis Bordeaux et est ensuite parti à Montréal au Canada. Les raisons de leur immigration ne sont pas précisées, mais ces Français ont dû eux aussi rêver d’une meilleure vie au Nouveau monde.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

A propos Stéphanie Trouillard

Globe-trotteuse, journaliste, photographe et amoureuse du monde, je mène ma vie à la manière d'Henri Cartier-Bresson. Il n'a pas voyagé, il a juste vécu à l'étranger sans se demander quand il rentrerait. Après un an à Stockholm en Suède, puis deux ans à Tanger au Maroc, mes pas me guident aujourd'hui vers le Québec et Montréal. En photos ou en quelques mots, voici mes impressions et mon regard sur cette ville.
Cet article, publié dans États-Unis, Histoire, New York, Tourisme, est tagué . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

2 commentaires pour New York: Ellis Island

  1. JDF dit :

    Nice !

    J’ai fouillé un peu dans le site, à tout hasard… C’est un peu compliqué de chercher un ancêtre potentiel quand tu t’appelles Freeman haha !

    De jolies photos et de bonnes infos sinon, cool.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s